« […] les refuges proposent une paix modeste où les objets pourvoient à l'homme leur fonction suffisante. Chaque chose remplit son seul usage. Le poêle chauffe, la table est large, la fenêtre ouverte sur la montagne. La conversation naît de la chaleur. La soupe fume, les bûches craquent. L'innovation n'a pas sa place dans ce monde amical.
La technique procure ce qu'il faut. La technologie procure ce dont on ignore avoir besoin […] »
Blanc, Sylvain Tesson, Gallimard
Élevée au début des années 1900 en bois d’arolle et de mélèze, ayant servi à la transhumance entre les pâturages d'hiver et d'été pendant environ 60 ans et située en lisière de forêt à 1740 m d’altitude, cette architecture traditionnelle des Alpes suisses a été restaurée pour offrir un confort d'usage toute l'année.
Le projet de rénovation a permis de consolider les fondations et de rénover le complexe de toiture sans modification de son enveloppe extérieure. Les structures porteuses en madriers ont été conservées intégralement et restaurées sans en altérer l’identité ni modifier leur fonctionnement statique.
L’enveloppe intérieur a été complétement repensée afin d’accueillir la vie en toutes saisons.
Le revêtement intérieur, biosourcé, est laissé à nu dans l'ensemble des pièces. Des interventions ciblées ont permis de relier le rez-de-chaussée de l’ancienne écurie à l’étage, anciennement destiné à la pièce à vivre et au séchoir à foin.
Les quelques gravures retrouvées lors des travaux de restauration permettant de remonter à la date de mise en œuvre (1916). La fondation en pierre locale a été nettoyée et conservée afin de préserver la mémoire des crèches.
Un captage permet d’alimenter le mayen en eau courante toute l’année. Le nouveau complexe de toiture intègre des panneaux solaires qui rendent le mayen autonome. En plus de contribuer au chauffage, l'ancien fourneau à bois sert également de cuisinière.
Repensé comme un refuge durable et autonome, ce mayen permet de concilier vie frugale et pérégrinations. L'ancienne toiture en bardeaux sert au chauffage, les crèches de l'écurie servent de lit, les bois morts servent de crochets. Les gestes des occupants se plient au rythme des saisons, s’adaptent au cycle de la nature, à ses repos, ses phénomènes et ses colères.
Parfois son ascension se mérite.